Une convention pour assurer la protection des victimes de substances nocives en mer
Une convention pour assurer la protection des victimes de substances nocives en mer
La DG Navigation du SPF Mobilité et Transports prépare la ratification de la Convention HNS 2010 depuis plusieurs années. Ce texte international est destiné à garantir la protection des victimes et de l’environnement en cas de dommages liés au transport maritime de substances nocives. Entre les négociations avec les autres pays et la rédaction de textes juridiques pour adapter la convention au droit belge, le SPF Mobilité et Transports déploie polyvalence et expertise pour mener à bien ce projet.
- La parole àNomAline DouxfilsFonctionJuristeExpertiseDroit maritimeDéfiMettre en œuvre une politique environnementale ambitieuse tout en allégeant la charge administrative pour le secteur privé, coordonner les aspects techniques avec les partenaires internationaux
La convention HNS 2010 et les ambitions du SPF Mobilité et Transports
A l’origine, la Convention HNS* a été adoptée lors d’une conférence de l’Organisation Maritime Internationale en 1996, simplifiée, ensuite, par un Protocole en 2010. Au sein de la DG Navigation, Aline Douxfils travaille sur ce projet, depuis 2019, afin d’en transposer les textes dans notre législation. Au niveau de la Belgique, la Convention devrait être ratifiée en 2024 ou en 2025, puisque son entrée en vigueur dépend, elle, de facteurs multiples comme l’adhésion d’autres pays.
Le projet de la Convention HNS 2010 rejoint deux ambitions du SPF Mobilité et Transports. D’une part, le nouveau cadre juridique contribue à la sécurité du transport des produits chimiques par voie maritime. Il soutient, d’autre part, les principes de la mobilité durable. Dans les 50 dernières années, si la convention HNS 2010 avait été en application, elle ne serait intervenue qu’à 3 reprises. Ce texte légal n’est donc pas destiné à s’appliquer souvent car, heureusement, les incidents sont rares.
*Convention internationale sur la responsabilité et l’indemnisation pour les dommages liés au transport par mer de substances nocives et potentiellement dangereuses.
Une convention pour protéger victimes et environnement
Lorsqu’une substance nocive est déversée en mer, c’est la victime - une entreprise de pêche par exemple - qui doit apporter la preuve de la responsabilité. Or, il est souvent complexe d’identifier le responsable de l’incident. Grâce à la Convention HNS 2010, le propriétaire du navire concerné sera toujours considéré comme responsable. Il devra, en outre, contracter une assurance. Les victimes seront donc plus facilement indemnisées. La Convention couvre également de nouvelles substances et de nouveaux types de dommages, augmentant ainsi le degré de protection des victimes et de l’environnement.
Quelles sont les conditions d’entrée en vigueur de la Convention HNS 2010 ?
Dans ce projet, le rôle du SPF Mobilité et Transports consiste, notamment, à rédiger les textes qui vont s’intégrer dans le droit maritime belge. Cette part du travail est aujourd’hui finalisée. La loi a été adoptée en juin 2022 et l’Arrêté Royal, détaillant son application, en novembre 2022. Afin de pouvoir ratifier une convention internationale, le Parlement, c’est-à-dire les représentants des citoyens, doit donner son assentiment – ce qui a été fait en mars 2023.. Dans le cadre de la Convention HNS, d’autres critères spécifiques ont été imposés pour qu’elle entre en vigueur.
La Convention pourra être appliquée lorsque 12 pays, au minimum, l’auront ratifiée. Aujourd’hui ils sont au nombre de 6. La Belgique est en bonne voie et espère ratifier la Convention en même temps que les Pays-Bas et l’Allemagne.
La Convention HNS 2010 concerne le droit international mais aussi le droit privé, le droit judiciaire et le droit de la responsabilité civile. Le secteur maritime est aussi très intéressant. On apprend tous les jours, ce qui rend le projet passionnant !
Aline DouxfilsLe SPF Mobilité et Transports en collaboration avec les Pays-Bas et l’Allemagne
Le SPF Mobilité et Transports mène de nombreuses discussions conjointes avec l’Allemagne et les Pays-Bas. Une bonne coordination est essentielle afin que les navires qui transitent par Anvers, Hambourg ou Rotterdam soient soumis aux mêmes règles. Entre nos 3 pays, le concept de « level playing field » (ou terrain de jeu équitable) est central et vise à ce qu’aucun « joueur » ne soit défavorisé.
Quelle est la suite du projet pour le SPF Mobilité et Transports ?
Après la ratification de la Convention HNS, les discussions et la coopération avec les autres pays se poursuivront autour de sa mise en œuvre. L’expertise du SPF pourra être valorisée à l’international pour faciliter le parcours d’autres pays souhaitant adhérer à la convention. Le travail en aval sera également d’ordre administratif comprenant, par exemple, le contrôle des certificats d’assurance qui deviendront obligatoires pour chaque navire. Le SPF traitera les rapports des entreprises qui envoient et réceptionnent des produits chimiques afin de les communiquer au fonds HNS à Londres. L’après-ratification comporte donc de nouveaux challenges et des perspectives motivantes pour le SPF Mobilité et Transports.
Le challenge qui me tient à cœur c’est de réaliser une implémentation de la Convention qui limite la charge administrative pour le secteur chimique et surtout pour les petites entreprises.
Aline Douxfils- Convention HNS 2010DéfiMettre en œuvre une politique environnementale ambitieuse tout en allégeant la charge administrative pour le secteur privé, coordonner les aspects techniques avec les partenaires internationaux
Equipe de baseLe Service Affaires juridiques de la DG Navigation, Anyès Nauwelaerts Aline DouxfilsTâche principaleRédiger la législation, coordonner avec le secteur privéBudgetRéalisé sur base des moyens existantsRésultatLa loi du 23 juin 2022, l’arrêté royal du 22 novembre 2022 et la ratification future de la Convention par la Belgique