Le rétrofit, ou comment transformer sa voiture thermique en électrique

Retrofit
Mobilité durable

Le rétrofit, ou comment transformer sa voiture thermique en électrique

Au point de rencontre entre la mobilité et l’écologie se joue un enjeu central : réduire les émissions de CO2 liées au trafic routier. Parmi les nombreuses pistes explorées par le SPF Mobilité et Transports, on retrouve l’électrification des voitures thermiques. La Cellule Technique du SPF pilote le développement du cadre réglementaire préalable à l’autorisation du processus de rétrofit en Belgique. 

  • Abde Jebari
     La parole à
    Nom
    Abde Jebari
    Fonction
    Responsable de la cellule technique « véhicules »
    Expertise
    Expert pour la réglementation « véhicules » et soutien opérationnel pour la DIV
    Défi
    Définir les prescriptions techniques pour permettre de transformer un véhicule thermique en électrique
  • Qu’est-ce que le rétrofit ?

    Le rétrofit consiste à convertir un véhicule à moteur thermique en véhicule électrique (ou, plus rarement, à hydrogène). L’installateur retire le moteur thermique et le réservoir à carburant de la voiture. Il les remplace par un moteur électrique et une batterie. Cette transformation fait partie des pistes d’action pour réduire le nombre de véhicules polluants sur les routes. Le rétrofit présente cependant une série de contraintes techniques incontournables pour assurer la sécurité des usagers. 

  • Pourquoi le rétrofit était-il, jusqu’à présent, interdit en Belgique ?

    Le rétrofit est autorisé en France depuis 2020. Chez nous, la Région Wallonne a présenté une proposition de décret, en ce sens, en septembre 2021. Mais, jusqu’ici, le dispositif restait interdit en Belgique. Pourquoi ? Pour obtenir une plaque d’immatriculation belge, tout véhicule doit être homologué. L’enjeu essentiel de cette homologation est de garantir la sécurité des usagers sur la route en contrôlant attentivement les véhicules. 
     

    Le processus d’homologation comporte une batterie de tests techniques et donne accès à un certificat de conformité. Ensuite, le véhicule ne peut plus être modifié. Une transformation ultérieure entraîne l’obligation d’obtenir une nouvelle homologation. Dans le cas du rétrofit, la modification est majeure puisqu’elle implique le remplacement du moteur et de la batterie. Il était donc nécessaire de définir précisément le cadre réglementaire et les exigences techniques permettant de procéder au rétrofit en toute sécurité. 

  • Un cadre légal pour faciliter le rétrofit en Belgique

    L’électrification des voitures thermiques fait partie de nombreuses actions menées pour promouvoir la mobilité durable. Le SPF Mobilité et Transports a eu pour mission de créer un cadre légal facilitant le processus du rétrofit tout en assurant la sécurité des usagers. Pour ce faire, il a créé un groupe de travail, avec les trois régions, qui s’est penché sur la réglementation et sur la définition des exigences techniques. Les instances d’homologation ont également été consultées afin d’enrichir le projet grâce à leur expertise technique. Le scope des véhicules concernés a été étendu, à l’initiative du SPF, pour concerner tous les modèles, sauf les véhicules agricoles. Le texte du projet est aujourd’hui finalisé, validé et publié au Moniteur belge, il est entré en vigueur le 1er juin 2023.

  • Abde Jebari

    Partir de rien et réaliser un projet de A à Z, c’est ce qui me passionne dans ce projet d’électrification des voitures thermiques.

    Abde Jebari
    Abde Jebari
  • Un travail en bonne concertation avec le secteur

    L’un des gros challenges du projet d’électrification des voitures thermiques était de trouver un consensus entre toutes les parties concernées. Certains acteurs plaident pour la réduction des exigences techniques. Pour être applicable, le dispositif du rétrofit doit en effet être réalisable et accessible financièrement. A contrario, la sécurité routière reste une priorité absolue. Il fallait donc trouver le juste équilibre et harmoniser les points de vue. La Cellule Technique de la DG Transport routier a réalisé un travail d’envergure en termes de recherches pour proposer les meilleurs arguments et mener une négociation réussie. 

  • Les perspectives d’avenir du rétrofit

    Le nouveau cadre légal est le fruit de longues et fructueuses discussions avec les Régions.  Toutefois, au-delà de ce cadre fédéral, les autorités régionales d’homologations devront également publier leur propre réglementation, afin que la procédure d’homologation soit complètement opérationnelle.  
     

    Le rétrofit n’a pas que des avantages pour l’environnement. En plus de la valeur sentimentale qu’accordent de nombreux amateurs à leur véhicule ancien, cette pratique pourrait s’avérer intéressante pour leur portefeuille. En effet, cela leur permettra de bénéficier des avantages d’un véhicule électrique sans devoir payer le prix d’un véhicule électrique neuf, encore élevé actuellement.  C’est particulièrement vrai pour des véhicules utilitaires. 
     

    Cependant, le marché économique du rétrofit en est encore à ses balbutiements. Offrir un cadre législatif clair, permettant le rétrofit d’un large panel de véhicule et leur homologation par des procédures simplifiées et clairement définies, permettra le développement de nouvelles initiatives en la matière. Ce cadre, combiné à la demande croissante en véhicules électriques, aura pour effet de rendre l’électrification toujours plus accessible à un maximum de Belges. 

  • Rétrofit des véhicules
    Bruxelles
    Défi
    Définir les prescriptions techniques pour permettre de transformer un véhicule thermique en électrique
    Equipe de base
    Abde Jebari, experts issus des 3 autorités régionales d’homologation et un consultant externe en homologation
    Tâche principale
    Analyse de l’impact que les modifications dues au rétrofit ont sur le véhicule, afin de lister la série d’essais à réaliser sur le véhicule transformé en vue d’obtenir une nouvelle homologation
    Budget
    Résultat
    L’arrêté royal du 15 mars 1968 a été modifié (1er juin 2023) afin d’y inclure les nouvelles prescriptions concernant le rétrofit.

    Point d’attention : une législation relative à la procédure d’homologation des véhicules rétrofités doit être rédigée par les autorités régionales en charge de réception des véhicules, afin que le projet soit complètement opérationnel

À la loupe

Mobilité durable

Idéalement située au cœur de l’Europe, notre capitale forme un point de passage stratégique pour les déplacements en train. Le gouvernement belge souhaite que Bruxelles devienne une plateforme de transit et stimule le développement du trafic ferroviaire international. Le SPF Mobilité & Transports, en cohérence avec son objectif de promotion de la mobilité durable, pilote de nombreuses initiatives pour favoriser l’essor des trains de nuit et des services internationaux.

Mobilité durable

Aujourd’hui, le train représente le mode de transport rapide le moins polluant, à condition qu’il circule grâce à l’électricité. La Belgique fait figure de bon élève en la matière puisque plus de 90% de notre réseau ferroviaire est électrifié, pour environ 60% en France et en Allemagne. A terme, le SPF Mobilité et Transports souhaite remplacer les derniers trains diesel par une formule plus écologique. Electrification des voies, trains à batterie, trains à hydrogène, quelles sont les pistes pour un réseau ferroviaire encore plus vert ? 

Mobilité durable

L’enquête sur les déplacements domicile-travail est une enquête fédérale organisée par le SPF Mobilité et Transports qui se déroule tous les trois ans. Elle est obligatoire pour toutes les entreprises et services publics en Belgique qui emploient, en moyenne, plus de 100 personnes et porte sur les déplacements domicile-lieu de travail de leurs travailleurs. En 2021, l’enquête a permis de mettre en lumière l’augmentation importante de l’utilisation du vélo comme moyen de déplacement. La septième édition de l’enquête est actuellement en cours (du 30 juin 2024 au 31 janvier 2025).